Oui, nous sommes bien en 2019, mais la stigmatisation et la discrimination à l’égard des minorités sexuelles et de genre sont encore monnaie courante

Sans aucune surprise, la stigmatisation et la discrimination continuent de nuire à nos communautés.

En cette Journée Internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le CBRC songe aux données recueillies lors de la dernière édition du sondage Sexe au présent, dont le fait que 22 % des personnes gais, bis, trans, bispirituelles et queer au Canada ont affirmé avoir vécu de la discrimination en raison de leur orientation sexuelle au cours de la dernière année.

Bien que ce chiffre ne semble pas énorme à première vue, il représente néanmoins plusieurs dizaines de milliers de Canadiens et de Canadiennes. Nos données viennent rejoindre celles de d’autres recherches qui indiquent que beaucoup d'entre nous sont encore victimes de discrimination en raison de notre appartenance à une minorité sexuelle et/ou de genre – des expériences susceptibles d’avoir des effets néfastes sur notre santé et notre bien-être.

En étudiant ces données davantage, nous constatons également que certains d'entre nous subissent des niveaux encore plus grands de stigmatisation et de torts connexes en raison de nos autres identités minoritaires (p. ex. être bispirituel, racisé ou trans). Par exemple, tandis que 25 % de tous les participants souhaitaient obtenir de l’aide afin de gérer leur anxiété et leur dépression, ce nombre passait à un tiers chez les hommes bisexuels et à près de 50 % chez les participants trans. Dans le même ordre d’idées, alors que seules 7 % des personnes interrogées sur l’ensemble de l’échantillon souhaitaient obtenir de l’aide par rapport à des pensées suicidaires, ce taux augmentait considérablement chez les hommes bispirituels (15 %) et les répondants trans (21 %). Il s’agit d’un rappel supplémentaire de l’urgence de remédier aux graves inégalités sociales et sanitaires qui persistent au sein de nos diverses communautés.

Les mœurs culturelles changeantes ainsi que les lois interdisant les propos haineux ont peut-être fait en sorte que les actes homophobes ou transphobes évidents soient moins visibles, mais quiconque utilise les réseaux sociaux sait qu'il ne faut pas lire la section des commentaires.

Voilà des rappels constants que la haine homophobe et transphobe est toujours présente au Canada, et ce, même si elle est devenue moins acceptable socialement – du moins en public. La violence en ligne, une campagne vidéo d’une minute récemment publiée dans le cadre de la Journée Internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie par la Fondation Émergence, un organisme à but non lucratif montréalais dédié à la diversité sexuelle et de genre, offre un aperçu puissant de la situation que nous pouvons tous comprendre.

Effectivement, le fait de signaler et de supprimer des comptes publiant des propos haineux sur nos réseaux sociaux fait maintenant partie des tâches quotidiennes du CBRC. Il en est ainsi pour de nombreux groupes concernés par l’homophobie, la transphobie, le racisme et plusieurs autres enjeux de justice sociale. Ce phénomène est si omniprésent que le Comité de la justice de la Chambre des communes étudie actuellement la question de la haine en ligne. Alors que nous ne cessons de progresser au niveau de la lutte contre la stigmatisation et la discrimination dans les espaces physiques tels que les écoles et les établissements de soins de santé, nous devons nous assurer que nos efforts atteignent également l’univers numérique.

Pour lutter efficacement contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, nous devons intensifier nos efforts pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination à tous les niveaux de la société, et ce, qu’il s’agisse des milieux de travail, des réseaux sociaux, d’internet, des écoles, des hôpitaux ou même de la législature – peut-être même surtout au niveau de cette dernière! Ces efforts doivent impliquer les Canadiens de tous les horizons. Quant aux personnes et aux communautés touchées, elles doivent montrer la voie à suivre afin que leurs connaissances et leur expérience en tant que minorités stigmatisées soient au cœur de la riposte. Que ce soit à travers une éducation sexuelle complète et inclusive dans les écoles, une formation aux compétences culturelles pour les prestataires de soins de santé ou des programmes d’autonomisation communautaire visant à former la prochaine génération de leaders, notre boîte à outils pour lutter contre la stigmatisation ne cesse de s’agrandir. Nous devons juste commencer à l’utiliser.

Le 17 mai a été choisi comme date de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie pour commémorer le jour où l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a retiré l'homosexualité de sa liste de troubles mentaux en 1990. Malgré le progrès important réalisé au Canada et à travers le monde depuis ce moment, beaucoup de choses restent à accomplir – tout particulièrement pour les membres autochtones, racisés, séropositifs, trans ou bisexuels de nos communautés. Alors que l’objectif de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie est de souligner l’impact continu de ces torts, elle doit aussi servir d’occasion afin de célébrer l'incroyable résilience de nos amis, partenaires, amants et voisins – sans oublier les membres de nos communautés que nous ne connaissons pas – qui luttent chaque jour contre la stigmatisation et la discrimination. Votre existence ne passe pas inaperçue.

Par Michael Kwag.

*Michael est le directeur du transfert des connaissances et du développement des politiques du CBRC et travaille dans le bureau satellite du CBRC à Toronto, en Ontario.

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018, 12% des hommes trans ont affirmé qu'on leur avait refusé une opération d'affimation de genre et 17% ont affirmé qu'on leur avait refusé d'entreprendre une hormonothérapie."

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018, 21% des hommes trans ont affirmé qu'ils désiraient obtenir de l'aide pour leurs pensées suicidaires et près de la moitié déisrait avoir de l'aide pour leur dépression et leur anxiété

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018 15% des hommes bis ont affirmé qu'ils désiraient obtenir de l'aide pour leurs pensées suicidaires et 1 sur 3 d'entre eux a affirmé vouloir obtenir de l'aide pour leur dépression et leur anxiété.

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018, 1 homme bi sur 4 a affirmé avoir vécu de la discrimination liée à leur orientation sexuelle au cours de la dernière année.

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018, les personnes gaies, bisexuelles, trans, bispirituelles et queer (GBT2Q) ont affirmé qu'elles désiraient obtenir de l'aide pour : 25% leur dépression, 25% leur anxiété, 15% leur image, 7% leurs pensées sucidaires.

La stigmatisation et la discrimination continuent d'avoir une incidence négative sur nos communautés. En 2018, les personnes gaies, bisexuelles, trans bispirituelles et queer (GBT2Q) au Canada ont affirmé avoir subi de la discrimination au cour de la dernière année en raison de leur : orientation sexuelle 22%, apparence corporelle 20%, race 12%, genre 9%.

 

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CBRC

À propos de CBRC

Le Centre de recherche communautaire (CRBC) promeut la santé des hommes homosexuels par le biais de la recherche et du développement d’interventions. Nous sommes compris les hommes (cis et trans) bisexuels et queer et les personnes bi-spirituelles.
Oui, nous sommes bien en 2019, mais la stigmatisation et la discrimination à l’égard des minorités sexuelles et de genre sont encore monnaie courante
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