La Journée pancanadienne du dépistage du VIH : Comment la lutte contre la stigmatisation et un nouvel outil peuvent faire augmenter le taux de dépistage du VIH

N’importe quelle autre année, le message de la Journée nationale de dépistage du VIH le 27 juin serait simple : « Allez vous faire dépister ». Le dépistage constitue la pierre angulaire des efforts de prévention du VIH. Pourtant, la pandémie de la COVID-19 a rendu le dépistage du VIH en clinique encore plus inaccessible. Deux tiers des personnes GBT2Q n'ont pas subi de test de dépistage du VIH au cours des six derniers mois. Le nombre de personnes GBT2Q qui ont repoussé un dépistage est presque le double de ce qu'il était avant le début de la pandémie de la COVID-19, et plus de la moitié d'entre elles attribuent cette décision de remettre à plus tard à la fermeture des cliniques ou à des problèmes de sécurité en lien à l'accès aux services de dépistage.

Bien qu'il s'agisse d'un nombre très élevé de personnes qui ont manqué ou remis à plus tard leur test de dépistage, la situation n'était déjà pas très bonne avant la pandémie de la COVID-19. Ce que la pandémie n'a pas changé, c'est la stigmatisation liée au dépistage du VIH qui crée des obstacles pour les personnes GBT2Q. Les expériences de stigmatisation de la part des gouvernements, des prestataires de soins de santé, du grand public et au sein même de la communauté GBT2Q, sans parler de la stigmatisation intériorisée, ont créé une situation où les gens avaient peur du dépistage. Les idées fausses sur la vie avec le VIH, les lois discriminatoires qui criminalisent la transmission du VIH et le fait de subir le jugement des autres en raison de ses comportements et de ses partenaires sexuels continuent de créer des obstacles pour les personnes qui veulent se faire dépister. Lorsque les personnes GBT2Q accèdent aux services de dépistage du VIH en dépit de toute la stigmatisation les entourant, l'accès aux cliniques comporte des obstacles supplémentaires. Cette situation est particulièrement prononcée dans les milieux moins urbains.

Les nouvelles ne sont pas que mauvaises. Cette année, nous avons un outil supplémentaire dans notre arsenal. L'autotest VIH INSTI (un test de piqûre au doigt qui donne des résultats en quelques minutes) a été approuvé par Santé Canada en novembre 2020. Il est similaire au test rapide de dépistage du VIH actuellement administré par les prestataires de soins de santé dans de nombreuses régions du Canada.

Afin de présenter ce nouvel outil tout en rappelant l’importance de lutter contre la stigmatisation, le CBRC a réalisé deux nouvelles vidéos avec le mannequin et activiste VIH canadien Travis L’Henaff qui démystifient l’autodépistage du VIH. Devant la caméra, ce dernier parle franchement de sa propre expérience concernant la découverte de sa séropositivité et de l'importance de connaître son statut sérologique et de travailler à éliminer la stigmatisation liée au VIH.

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Cliquez ici pour regarder les vidéos

Bien qu'aucun outil à lui seul ne constitue une solution pour mettre fin à la transmission du VIH, il est probable que le test d'autodépistage du VIH plaira aux personnes qui font face à des obstacles au dépistage. Il peut s'agir d'obstacles liés à la stigmatisation, comme le fait de devoir discuter des raisons pour lesquelles on souhaite passer un test de dépistage du VIH, ou même d'obstacles aussi simples que le fait de ne pas avoir à prendre de rendez-vous et de pouvoir se dépister soi-même à domicile. Aux États-Unis et en Europe, les initiatives d'autodépistage du VIH se sont révélées prometteuses pour rejoindre les personnes qui se font dépister moins fréquemment. Nous devons transposer et adapter ces interventions au contexte canadien, et ce, dans l'espoir que les gouvernements provinciaux financent correctement les programmes d'accès aux tests d'autodépistage du VIH.

Si vous êtes une personne qui fait face à des obstacles au dépistage ou si vous souhaitez simplement bénéficier de la commodité du dépistage à domicile, le CBRC offre jusqu'à trois trousses d'autodépistage du VIH aux gens qui participent à l'édition 2021 du sondage Sexe au présent qui en font la demande. Les participant·e·s peuvent choisir de les utiliser elleux-mêmes ou de les donner à des ami·e·s ou à des membres de leur réseau sexuel ou social.

Notre partenaire, soit REACH Nexus, dirige également sa propre initiative pancanadienne d’autodépistage du VIH, le programme de recherche J’agis. J’agis permettra l'envoi gratuit de 50 000 trousses d'autodépistage du VIH à travers le Canada, et ce, dans le but de mettre les Canadien·ne·s non diagnostiqué·e·s en rapport avec des soins. Le programme de recherche J’agis est ouvert à toute personne au Canada ayant 18 ans ou plus et vise à rejoindre les populations qui sont affectées de manière disproportionnée par le VIH. Le programme permet aux participant·e·s de s'inscrire facilement et de manière anonyme par le biais de leur téléphone intelligent.

Par Chris Draenos

Chris Draenos est le gestionnaire de l’implémentation pancanadienne du dépistage des ITSS et de l’arrimage aux soins du CBRC. Pour plus de renseignements sur la trousse d’autodépistage du VIH ou le programme de recherche Dépistage au présent, contactez-le par courriel à [email protected].

Available in English.

CBRC

À propos de CBRC

Le Centre de recherche communautaire (CBRC) promeut la santé des hommes gais, bisexuels, trans, bispirituels et queer (GBT2Q) par le biais de la recherche et du développement d'interventions.
La Journée pancanadienne du dépistage du VIH : Comment la lutte contre la stigmatisation et un nouvel outil peuvent faire augmenter le taux de dépistage du VIH
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