Le Centre de recherche communautaire a le plaisir d’annoncer la nomination de Jad Sinno (iel), docteur·e en santé publique, au poste de direction de la recherche de l’organisme, à la suite d’un appel de candidatures ouvert. Jad se joint à l’équipe du CBRC en tant que chercheur·euse postdoctoral·e titulaire d’une bourse Banting à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto. Iel apporte à l’organisme une expertise en recherche par méthode mixte, en théorie sociale critique et en santé numérique.

Le CBRC est ravi d’accueillir les compétences et la vaste expertise en recherche de Jad, qu’il considère comme un·e leader émergent·e dans le secteur canadien de la recherche en santé 2S/LGBTQIA+. Jad supervisera l’éventail divers et grandissant des projets de recherche communautaires du CBRC, notamment les initiatives phares menées à l’échelle nationale, telles que Sexe au présent et Nos corps, notre santé. « Notre programme de recherche a toujours été le fondement de notre travail, et les études que nous menons ont eu des retombées majeures sur nos communautés », déclare Michael Kwag, directeur général du CBRC.
Universitaire queer, trans non binaire et arabe originaire du Levant, Jad travaille à faire accéder les populations queers et marginalisées à l’équité en matière de santé. Ses projets de recherche l’ont amené à collaborer avec diverses équipes au Canada, aux États-Unis et en Asie de l’Ouest. Sa thèse de doctorat, intitulée Analyse réparatrice de l’utilisation des applications de rencontre par les adultes queers du Canada et son lien avec leur bien-être : une étude par méthode mixte » (traduction libre), s’appuie sur les témoignages de plus de 250 adultes queers, et demeure une première du genre au Canada.
« Mes études de premier cycle conjuguaient les neurosciences et les statistiques, et je me suis rendu compte que les recherches que je menais, malgré leurs applications médicales, n’avaient aucune retombée véritable sur la vie et le bien-être des gens avant 15 ou 20 ans, se souvient Jad. Je ne sentais donc pas beaucoup de connexion avec mon travail. À l’époque, je commençais justement à m’impliquer dans l’activisme communautaire et l’organisation queer et antiraciste. Je me suis retrouvé en quatrième année à travailler sur les déterminants sociaux de la santé, et c’est dans cette direction que j’ai voulu m’orienter. Je désirais travailler dans un domaine directement lié à la justice sociale. »
Après un mémoire de maîtrise sur les comportements de recherche d’aide chez les personnes queers, réalisée à l’Université Dalhousie (Halifax) sous la supervision de la chercheuse autochtone Amy Bombay, Jad s’est penché sur les dimensions sociales et culturelles de la santé, en s’inspirant grandement de son propre activisme communautaire. « Je pense qu’il est très important que la recherche soit menée par les personnes qui sont directement concernées et qui pourraient en bénéficier, explique Jad. À mon avis, les approches et les méthodologies du CBRC permettent de produire des résultats essentiels à l’autonomisation de nos communautés. Les questions sont guidées par la communauté elle-même et apportent donc des réponses à la communauté. Les études permettent de combler les besoins propres aux communautés marginalisées. »
Par son expérience et ses compétences, Jad apporte à l’organisme un point de vue original, qu’il allie à une conviction profonde que les initiatives de recherche comme celles du CBRC peuvent conduire à des changements concrets. « Je crois en un monde réimaginé. Je pense qu’on a une obligation, une fois qu’on a pris conscience du fonctionnement du système, de chercher à faire advenir ce monde-là, confie Jad. Le milieu universitaire peut être un véritable espace d’extraction des connaissances, sans chercher à créer ni à encourager le changement. Ce qui est intéressant avec le CBRC, en revanche, c’est qu’en tant qu’organisme communautaire, il est davantage en mesure de conduire à des changements tangibles, des changements auxquels j’aimerais contribuer par mon travail. »
En plus d’accueillir chaleureusement Jad Sinno, le CBRC tient à remercier sincèrement son directeur de la recherche bénévole sortant, Nathan Lachowsky, qui a dirigé le programme de recherche de l’organisme de 2017 à aujourd’hui. Nathan a récemment quitté son poste de professeur à l’Université de Victoria pour devenir doyen de la Faculté des sciences humaines et de la santé à l’Université du nord de la Colombie-Britannique. Nathan a contribué à la création d’un poste de directeur de la recherche interne à temps plein et a facilité la transition avec Jad. Il continuera à jouer un rôle important dans le programme de recherche du CBRC.
