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Kate Fish (elle) est la coordinatrice du soutien par les pair·e·s au sein du programme Ma pause fumée, une initiative de réduction des risques liés du tabagisme lancée dernièrement par le CBRC. Kate est également travailleuse sociale autorisée depuis 12 ans. Elle a travaillé dans diverses régions de la Colombie-Britannique, que ce soit en services directs, en éducation ou dans des rôles de leadership dans le domaine de la consommation de drogues, des infections transmissibles sexuellement et par le sang (telles que le VIH et l’hépatite C), de la pauvreté et de la crise des drogues toxiques.
Élevée dans une petite communauté côtière du nord de la Colombie-Britannique, Kate a commencé à fumer à l’âge de 14 ans. Son expérience de 10 ans avec le tabagisme et son identité queer l’ont amenée à devenir membre du comité consultatif communautaire du programme Ma pause fumée, où ses opinions précieuses ont contribué à orienter le développement du programme. Aujourd’hui coordinatrice du soutien par les pair·e·s au sein du programme, Kate gère les acheminements et accueille chaleureusement les personnes qui commencent le programme. Elle les met en contact avec une personne de l’équipe des pair·e·s, dont la mission est d’apporter un soutien en groupe et en tête-à-tête aux personnes 2S/LGBTQIA+ qui souhaitent arrêter de fumer ou de vapoter, ou réduire leur consommation. Le programme comprend également l’envoi de trousses de substituts nicotiniques et une formation sur leur utilisation.
« Ma pause fumée permet aux personnes 2S/LGBTQIA+ d’explorer leur relation avec le tabagisme ou le vapotage, sans les pousser à arrêter, déclare Kate. Arrêter de fumer peut tout à fait être un objectif, mais le programme est très large : les gens sont libres de déterminer quand et comment ils y participent, quels sont leurs buts et comment les atteindre. L’approche est dénuée de jugement et non coercitive. L’idée est de communiquer des informations et de faire connaître les options, afin que les gens puissent choisir ce qui leur convient le mieux pour réduire leurs risques liés au tabagisme ou arrêter de fumer. Si l’objectif d’une personne est d’arrêter de fumer, fantastique! Si ce n’est pas le cas, c’est tout aussi valable! »
Les programmes traditionnels de sevrage tabagique et le langage qu’ils utilisent sont presque toujours axés sur l’abandon du tabac. Ces programmes fonctionnent pour certaines personnes, mais pas pour toutes, en particulier lorsque leur approche n’est pas intersectionnelle. « Plusieurs personnes nous ont dit que, si ce programme n’était pas spécifiquement destiné aux membres de la communauté 2S/LGBTQIA+, elles n’y participeraient pas, affirme Kate. Lorsque les services sociaux et de santé, comme les programmes de sevrage, ne sont pas sécuritaires et adaptés aux réalités des personnes 2S/LGBTQIA+, nos communautés sont touchées de manière disproportionnée, car leur accès à la prévention, au diagnostic et au traitement des maladies liées au tabac est entravé. »
Ma pause fumée adopte une approche de réduction des risques par et pour les personnes queers. Le terme « réduction des risques » n’est pas souvent associé au tabagisme, et beaucoup de gens pensent que cette approche ne les concerne pas s’ils veulent arrêter de fumer pour de bon. « Selon cette vision très binaire, soit on fume, soit on arrête de fumer. Mais ce n’est pas vrai. Il existe une zone grise entre les deux, qui est souvent teintée par la honte et la stigmatisation », explique Kate.
Kate souhaite voir un changement dans les discours sur le tabagisme et la réduction des risques. « Une approche du tabagisme fondée sur la réduction des risques consiste à poser des questions, à faire preuve de curiosité et à se concentrer sur l’individu. Où en êtes-vous en ce moment? Quel est votre objectif? De quoi avez-vous besoin pour l’atteindre? L’idée est de communiquer les bonnes informations et de faire connaître les options afin que les gens puissent choisir ce qui leur convient le mieux. »
Pour en savoir plus sur Ma pause fumée et vous inscrire au programme, visitez mapausefumee.ca.

Photo: Kate Fish
« La réduction des risques est un ensemble de principes qui favorisent le bien-être, quelle que soit la place de la personne dans le continuum de la consommation de drogues. On demande à la personne où elle en est et ce dont elle a besoin. »
