Notre Communauté : Manon Massé

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Photo: Manon Massé

Massé (elle) est une militante féministe et une politicienne ouvertement lesbienne, s’étant imposée au Québec comme personnalité publique et visage important de la justice sociale, notamment des droits des communautés 2S/LGBTQIA+. Elle est députée à l’Assemblée nationale du Québec depuis 2014 et terminera son mandat au mois d’octobre 2026.

Très tôt dans la vie de Manon, l’action politique s’est imposée comme moyen d’agir. « À 19 ans, j’ai eu le privilège, comme premier emploi d’adulte, d’être embauchée dans un groupe d’éducation populaire ». C’est dans cet environnement, faisant partie de la circonscription qu’elle représentera plus tard pendant 12 ans, circonscription qui inclut le Village gai de Montréal, que Manon a rapidement compris la réalité du chemin d’ouvrier⸱ère⸱s de ses parents, réalité créée par des gens qui tirent les ficelles pour obtenir et maintenir leurs privilèges aux dépens des travailleur⸱euse⸱s.

Manon explique que l’éducation populaire, terreau de sa carrière politique, a comme principe de base que les gens qui vivent une situation sont les mieux placé⸱e⸱s pour trouver la solution. En imposant l’égalité dans la connaissance grâce à la valorisation des savoirs expérientiels, cette approche a conduit Manon à l’action : « Quand tu arrives comme jeune travailleuse, tu n’as pas besoin d’avoir la vérité, c’est ensemble qu’on va développer la connaissance, la compréhension et les actions pour soutenir ou contrer une situation ». C’est donc inspiré par les principes collaboratifs de l’éducation populaire que Manon a développé sa pratique d’activiste.

Après une vingtaine d’années d’organisation communautaire, de militantisme, d’éducation populaire et de défense des droits, il était évident pour elle que les partis politiques au parlement du Québec ne répondaient pas aux besoins du vrai monde : « début deux mille, je me suis dit tabarnak sont pas capable de faire leur job, je vais aller la faire à leur place. C’était ça ma motivation ». En 2006, Manon Massé a cofondé Québec Solidaire, parti politique qui, explique-t-elle, vise à créer « une société où tout le monde a sa chance, où les services publics jouent un rôle majeur dans la redistribution de la richesse et où les possédants sont mis à contribution à juste valeur ». Pour Manon, il évident que : « dans l’échiquier politique, certains partis ont une perspective de maintien des privilèges et du système, et d’autres partis sont là pour stopper ces affaires-là et assurer plus d’égalité des chances et de bien commun ».

Aujourd’hui, après avoir été co-porte-parole de Québec solidaire pendant 7 ans, après avoir contribué à la présence de 12 député⸱e⸱s défendant la justice sociale à l’Assemblée nationale du Québec et après avoir siégé pendant 12 ans (quand la moyenne des député⸱e⸱s au pouvoir est de 4,5 années), Manon ne sort pas de la politique, elle sort de l’institution : « le jour où je vais arrêter de faire de la politique c’est le jour où je vais mourir » dit-elle, « je fais une sortie du parlementarisme ».

En tant que militante et politicienne, Manon tend toujours vers une approche inclusive : « plus on défend les droits des personnes ostracisées, discriminées, mises de côté, plus on défend les droits de tout le monde » affirme-t-elle. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle s’attarde beaucoup aux droits des femmes : « quand on a décidé l’augmentation du salaire minimum pour permettre de vivre dans la dignité, on n’a pas eu besoin de rajouter pour les femmes, on le sait que 70 % des personnes qui sont au salaire minimum sont des femmes » précise-t-elle.

En acceptant notre invitation au Sommet du CBRC, Manon veut y partager une vue d’ensemble et explorer le continuum de la lutte que nous menons : « un organisme communautaire de défense des droits qui fait de la relation d’influence par campagne de lettres pendant qu’un regroupement grassroot mène des actions d’éclat pour forcer les médias et les politicien⸱ne⸱s à prendre position sur un enjeu, c’est la même défense de droit que l’infirmière qui se fait aller le mâche patate pour s’assurer que ses patient⸱e⸱s séropositif⸱ve⸱s aient accès à des bons soins et services ou la politicienne qui amène une pétition écrite par un groupe de jeunes au parlement ». Manon nous parlera de sa compréhension de l’union nécessaire entre les différentes sphères d’action.

Manon ajoute que les gens qui ont les privilèges et qui veulent les maintenir, la droite, n’ont aucun problème à se tenir les coudes. « Avant, la gauche, on pouvait peut-être se permettre d’être puriste, et de penser qu’on avait la meilleure approche, dans le temps que nos droits s’amélioraient tranquillement, mais maintenant l’attaque est trop frontale ». Comme elle nous l’expliquera le 30 octobre, pour interpeler les décideurs et pour protéger nos droits, Manon nous invite à refaire une bonne analyse et consolider à nouveau nos alliances.

Quand nous rencontrerons Manon au Sommet, elle viendra tout juste de terminer son mandat, elle commencera un nouveau chapitre de sa vie. Mais avant, elle désire prendre un temps pour trouver sa prochaine mission : « la dernière fois que j’ai touché à ça, c’était de cofonder un parti politique pour aller à l’intérieur de l’institution, donc ça c’est fait ». Elle ne sait pas ce qui l’attend : « j’ai aucune idée c’est quoi la suite, mais c’est sûr que ça va être en défense des droits ».

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À propos du CBRC

Le Centre de recherche communautaire (CBRC) promeut la santé des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre par le biais de la recherche et du développement d’interventions.
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