Réflexions sur la rencontre de Montréal consacrée à la PrEP

Le 26 juillet 2025, le CBRC a réuni à Montréal des leaders communautaires, différentes parties prenantes du système de santé et des personnes travaillant en recherche et en santé publique afin de discuter des inégalités dans l’accès à la PrEP (prophylaxie pré-exposition) contre le VIH dans les communautés 2S/GBTQ+ du Canada. Pendant toute une journée, des organismes de premier plan luttant contre la transmission du VIH dans nos communautés ont échangé des idées et exploré des stratégies innovantes visant notamment à promouvoir la PrEP injectable à longue durée d’action (cabotégravir). Le CBRC a également communiqué certains des résultats de ses propres enquêtes communautaires, en particulier les conclusions des projets Sexe au présent 2024 et L’avenir de la PrEP est maintenant.

« L’objectif de la rencontre était d’examiner les connaissances précises que nous possédons sur la sensibilisation des communautés 2S/GBTQ+ du Canada à la PrEP contre le VIH et leur utilisation du médicament », a déclaré Ben Klassen, directeur adjoint de la recherche au CBRC. « En partageant avec nos collègues nos observations faites en contexte communautaire et clinique, nous parvenons à mieux comprendre les obstacles à l’obtention de la PrEP et à définir des pratiques prometteuses et des approches novatrices permettant de remédier aux inégalités d’accès. »

Les personnes participant provenaient de partout au Canada et représentaient une diversité de vécus et d’expertises professionnelles. À partir des conclusions tirées, le CBRC élabore actuellement de nouvelles ressources visant à mobiliser les membres de la communauté et les prestataires de soins de santé sur le sujet de la PrEP. Parallèlement, il a interrogé plusieurs des personnes participant sur leurs apprentissages.

« Maintenant que la PrEP injectable à longue durée d’action est sur le marché, nous avons la responsabilité de veiller à ce que cet outil et l’information à son sujet soient accessibles aux communautés pour lesquelles la prise quotidienne de pilules orales ne convient pas, par exemple les gens qui veulent rester discrets sur leur utilisation de la PrEP. Nous devons mettre en œuvre des campagnes de promotion ciblées, et mobiliser des pairs pouvant s’adresser aux hommes qui sont peut-être moins à l’aise de divulguer leur orientation sexuelle. Cela signifie également que nous devons redoubler d’efforts pour que l’ensemble des prestataires de soins primaires, et pas juste ceux et celles travaillant avec les populations GBQ, reçoivent une formation sur toutes les formes de PrEP. »

Darren Ho
Directeur des services de santé
Health Initiative for Men (HIM)

 

« Cette rencontre a été pour moi une occasion fondamentale de faire le lien entre le volet recherche et le volet programmation, ce que je n’aurais peut-être pas pu faire aussi clairement autrement. L’exemple parfait est le parallèle qui a été fait entre le déploiement de la PrEP et les enseignements tirés du sevrage tabagique, souvent considéré comme une réussite en matière de santé publique. »

Sugandhi del Canto
Directrice adjointe de la mobilisation des connaissances sur le VIH et la santé sexuelle
Réseau canadien d’info-traitements sida (CATIE)

 

« La rencontre a permis de renforcer les connaissances de nos communautés sur les manières d’améliorer l’accès à la PrEP. Il existe déjà partout au pays une multitude d’approches créatives visant à accroître la sensibilisation et l’accès à la PrEP. C’est très bien, mais l’accès à la PrEP reste encore inégal, certaines communautés rencontrant plus d’obstacles que d’autres. La rencontre a permis de confirmer que nous n’avons pas besoin de réinventer la roue. Ce que nous devons faire, c’est mettre en lien nos idées, les adapter aux réalités locales et veiller à ce que toutes les personnes qui pourraient bénéficier de la PrEP puissent l’obtenir. »

Caen Squires
Spécialiste de la santé sexuelle
Centre de recherche communautaire (CBRC)

 

« La rencontre du CBRC sur la PrEP a été une formidable occasion professionnelle. Ce que j’ai retenu de cette journée, c’est notre analyse commune des obstacles structurels et communautaires existants, notamment l’irrégularité de l’accès à la PrEP et des couvertures offertes selon les régions du pays, le malaise et les préjugés des prestataires de soins de santé qui évaluent les cas et prescrivent la PrEP, ainsi que les lacunes dans les soins de santé sexuelle, qui ne sont pas toujours culturellement sécuritaires et adaptés aux populations sous-représentées et défavorisées. J’ai aussi aimé découvrir les initiatives créatives et adaptables mises en place dans d’autres régions pour améliorer l’accès à la PrEP; par exemple, les « guichets uniques » spécialisés en santé sexuelle, qui proposent à la fois des services de dépistage, de prescription et de traitement des ITS, ainsi que des services virtuels d’évaluation et de prescription de la PrEP à domicile. J’ai l’intention d’appliquer les connaissances acquises au cours de cette journée à des efforts de défense des droits et à des programmes visant à améliorer l’accès à la PrEP en Nouvelle-Écosse. »

Jordan Zarvie
Éducateur interprofessionnel
prideHealth

 

« La rencontre m’a permis d’obtenir des informations transparentes et actualisées sur les réussites et les défis dans le domaine de la prévention du VIH, et ce, dans une variété de disciplines, de secteurs et de spécialités, notamment en ce qui concerne le manque persistant de soins culturellement sécuritaires et adaptés aux peuples autochtones, bispirituels et indigiqueers. Grâce aux relations nouées et entretenues au cours de la rencontre, nous pourrons mieux collaborer sur chacune des priorités discutées. »

Jaris Swidrovich 
Professeur adjoint, responsable de la mobilisation autochtone 
Faculté de pharmacie Leslie Dan, Université de Toronto

 

« Il était intéressant de découvrir les facteurs qui font hésiter la communauté à prendre la PrEP. Dans notre métier, on a surtout tendance à examiner les obstacles à l’accès, tels que la situation géographique, la stigmatisation et la discrimination, alors qu’il est tout aussi important de prendre en compte l’influence de divers éléments sur l’acceptabilité de la PrEP, par exemple la méfiance envers le milieu médical et les appréhensions relatives à l’efficacité du médicament et à ses effets secondaires. J’ai hâte d’utiliser ces apprentissages pour élaborer des campagnes de promotion de la santé qui calmeront ces inquiétudes et, je l’espère, aideront les gens à adopter l’idée de la PrEP. »

Lucas Gergyek
Spécialiste des projets et subventions de recherche ?
Centre de recherche communautaire (CBRC)

 

Un grand merci à nos partenaires CATIE et ViiV Healthcare pour leur soutien à l’organisation de cet événement.

 

Available in English.

CBRC

À propos du CBRC

Le Centre de recherche communautaire (CBRC) promeut la santé des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre par le biais de la recherche et du développement d’interventions.
Réflexions sur la rencontre de Montréal consacrée à la PrEP
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